Dyspareunies : pourquoi les rapports sexuels peuvent-ils être douloureux ?
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Dyspareunies : pourquoi les rapports sexuels peuvent-ils être douloureux ?

25 septembre 2026 · 6 min de lecture

Les rapports sexuels sont censés être synonymes de plaisir, d’intimité, de connexion ou de partage. Alors quand ils deviennent douloureux, cela peut être particulièrement déstabilisant.

On peut se demander :

Pourquoi est-ce que j’ai mal ?

Est-ce que c’est normal ?

Est-ce que je vais devoir arrêter d’avoir des rapports ?

Pourquoi mon corps ne fonctionne-t-il pas comme avant ?

Les douleurs pendant ou après les rapports sexuels sont appelées dyspareunies. Elles peuvent avoir de nombreuses causes, physiques comme psychologiques, et concerner des personnes de tout âge.

Surtout, avoir mal pendant un rapport n'est pas quelque chose qu'il faut simplement apprendre à supporter.

Qu'est-ce qu'une dyspareunie ?

La dyspareunie désigne des douleurs génitales ou pelviennes qui surviennent avant, pendant ou après un rapport sexuel.

La douleur peut être ressentie à différents endroits et de différentes manières :

  • à l'entrée du vagin ou au niveau de la vulve ;

  • plus profondément dans le bassin ;

  • comme une brûlure, une irritation, une sensation de déchirure ou de pression ;

  • comme une douleur qui apparaît pendant la pénétration ou certains mouvements ;

  • ou encore comme une douleur qui persiste après le rapport.

Elle peut être présente à chaque rapport, seulement dans certaines situations ou apparaître après une période où les rapports étaient auparavant indolores.

La localisation et les circonstances de la douleur sont d'ailleurs des informations importantes pour comprendre ce qui se passe.

Pourquoi les rapports peuvent-ils être douloureux ?

Il n'existe pas une seule cause de dyspareunie.

Une douleur pendant les rapports peut notamment être liée à une sécheresse ou à une lubrification insuffisante, à une infection, à une irritation, à une modification hormonale, à une affection gynécologique ou à un problème concernant les muscles du plancher pelvien.

Certaines situations comme l'endométriose, la vulvodynie ou certaines infections peuvent également provoquer des douleurs pendant les rapports.

Les changements hormonaux de la périménopause et de la ménopause peuvent notamment favoriser une sécheresse et une fragilisation des tissus vaginaux, ce qui peut rendre les rapports inconfortables ou douloureux.

Il peut aussi exister un vaginisme, dans lequel les muscles autour du vagin se contractent involontairement lorsqu'une pénétration est tentée, pouvant provoquer une douleur ou rendre la pénétration difficile voire impossible.

Et parfois, plusieurs facteurs se combinent.

Quand la douleur entraîne… encore plus de douleur

La douleur n'est pas uniquement une sensation physique.

Lorsqu'un rapport a été douloureux, il est parfaitement compréhensible d'appréhender le suivant.

Le cerveau peut alors se dire :

La dernière fois, j'ai eu mal. Donc cette fois aussi, je risque d'avoir mal.

Cette anticipation peut entraîner de la peur, du stress ou une tension musculaire.

On peut alors entrer dans un cercle qui ressemble à ceci :

douleur → appréhension → tension → rapport plus difficile → nouvelle douleur → davantage d'appréhension

Ce mécanisme ne signifie absolument pas que la douleur est « dans la tête ».

La douleur est réelle.

Cela signifie simplement que notre cerveau, nos émotions et notre corps communiquent en permanence. Dans certaines situations, cette interaction peut contribuer à entretenir ou amplifier la douleur.

Et le désir dans tout ça ?

Quand les rapports sont douloureux, il n'est pas étonnant que le désir sexuel puisse diminuer.

Après plusieurs expériences désagréables, le cerveau peut finir par associer sexualité et douleur plutôt que sexualité et plaisir.

On peut alors avoir moins envie :

  • de rapports sexuels ;

  • de pénétration ;

  • de moments intimes ;

  • ou même parfois de tout ce qui pourrait mener à un rapport.

Cela ne signifie pas nécessairement que l'on n'aime plus son partenaire ou que l'on n'est plus attiré par lui ou elle.

Il peut simplement être difficile d'avoir envie d'une expérience que le corps a appris à redouter.

La douleur peut également avoir des répercussions sur la confiance en soi, l'image corporelle, la relation de couple et la qualité de vie.

« Il faut juste se détendre » : non.

C'est probablement l'un des conseils les plus frustrants que l'on puisse recevoir lorsqu'on souffre pendant les rapports.

Parce que si se détendre suffisait, le problème serait déjà réglé.

Dire à quelqu'un qui ressent une douleur de « se détendre » peut même renforcer la pression :

« Je dois réussir à me détendre pour que ça ne fasse pas mal. »

Et voilà qu'un moment censé être intime devient une nouvelle épreuve à réussir.

Lorsqu'une douleur apparaît, l'objectif n'est donc pas de se forcer à avoir un rapport malgré celle-ci.

Faut-il continuer malgré la douleur ?

Non.

La sexualité n'est pas un test d'endurance.

Si une pratique est douloureuse, il est possible de s'arrêter, de changer d'activité, de prendre son temps ou de choisir une autre forme d'intimité.

La pénétration n'est pas une obligation pour avoir une sexualité épanouissante.

Caresses, masturbation, stimulation externe, sensualité, baisers, massages, moments de proximité… Il existe de nombreuses façons de vivre sa sexualité sans reproduire systématiquement une expérience douloureuse.

L'objectif n'est pas de « réussir à pénétrer malgré la douleur ».

L'objectif est de retrouver une sexualité dans laquelle le corps peut se sentir en sécurité et où le plaisir a à nouveau une place.

Quand consulter ?

Une douleur nouvelle, répétée ou persistante pendant les rapports mérite d'être prise au sérieux.

Une consultation médicale peut permettre de rechercher une éventuelle cause : infection, problème gynécologique, sécheresse, endométriose, trouble du plancher pelvien, etc.

Un professionnel de santé pourra décider, selon les symptômes, si un examen ou des examens complémentaires sont nécessaires.

Il est particulièrement important de consulter lorsque la douleur s'accompagne notamment de saignements, de pertes inhabituelles, de lésions génitales, de fièvre ou d'autres symptômes nouveaux.

La prise en charge dépend évidemment de la cause. Elle peut par exemple faire intervenir un médecin ou gynécologue, une sage-femme, un·e professionnel·le spécialisé·e dans la rééducation du plancher pelvien ou d'autres professionnels selon la situation.

Et la sexothérapie dans tout ça ?

La sexothérapie ne remplace pas une recherche médicale lorsqu'une douleur physique doit être explorée.

Elle peut en revanche avoir toute sa place en complément lorsque les douleurs ont des répercussions sur la sexualité, le désir, l'image du corps, la confiance en soi ou la relation de couple.

On peut notamment travailler autour :

  • de l'appréhension des rapports ;

  • de la peur d'avoir mal ;

  • de la diminution du désir ;

  • du rapport au corps ;

  • de la communication avec son ou sa partenaire ;

  • de la pression autour de la pénétration ;

  • de la redécouverte du plaisir et des sensations ;

  • de la manière de retrouver une intimité sans objectif de performance.

L'idée n'est pas de convaincre le corps de « supporter » la douleur.

Il s'agit plutôt de comprendre ce qui se passe et de retrouver progressivement une sexualité qui respecte ses sensations, ses limites et ses envies.

À retenir

Les dyspareunies sont des douleurs pendant ou après les rapports sexuels.

Elles peuvent avoir de nombreuses causes et ne doivent pas être réduites à un simple « manque de lubrification » ou à un problème psychologique.

Avoir mal n'est pas une obligation de la sexualité.

Et surtout : avoir mal ne signifie pas que votre sexualité est condamnée à rester comme ça.

La première étape peut simplement être d'en parler.

À un médecin, une sage-femme, un gynécologue, un·e professionnel·le du plancher pelvien ou un·e sexothérapeute selon les besoins.

Parce que parfois, le corps ne demande pas qu'on insiste.

Il demande simplement qu'on l'écoute.

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